La Silicon Valley est sans
conteste, et depuis un peu moins d’un siècle maintenant, un des plus
impressionnants laboratoires de l’innovation mondiale. Egrainer la liste des
grandes entreprises qui y sont nées, y ont prospéré ont conquis le monde et changé
nos modes de consommation, et plus, notre mode de vie, serait fastidieux. Mais retenons juste ceci :
le nom que les californiens ont donné à cette vallée, celle du silicium,
indispensable à la fabrication de semi-conducteurs et de composants
informatiques. Cela nous ramène à un fait qu’on a trop tendance à oublier
aujourd’hui. Cette zone d’innovation est avant tout une zone industrielle, ou
se sont développé des entreprises qui profitaient, certes, d’un écosystème
performant en matière de formation (Berkeley, Stanford) et d’accès aux
investisseurs, mais également, plus prosaïquement, d’un environnement naturel
favorable au développement des processus industriels nécessaires à la
construction d’ordinateurs, grâce aux nombreux cours d’eau qui sillonnent la vallée
Dans cet ouvrage passionnant, Michel KTITAREFF, un des plus fins connaisseurs de la Vallée, montre excellemment comment celle-ci s’organise pour faire de la révolution verte son prochain eldorado. Les recettes sont toujours les mêmes, et elles marcherons probablement aussi bien que d’habitude : Excellence universitaire, financement audacieux, marché local enthousiaste. Il nous montre surtout que cette révolution en marche n’est aucunement une reconversion. C’est une suite logique, comme j’ai moi-même pu le constater lors d’un récent déplacement à Palo Alto, où j’ai rencontré des investisseurs historiques de la Vallée, débauchés des grands fonds de capital risque spécialisés dans les TIC pour aller exercer leur talent chez ceux qui se spécialisent dans les technologies vertes.
L’ère du green ne vient pas succéder à l’ère des technologies de l’information. Ces deux révolutions, que le Président Sarkozy a citées dans la même phrase lors de son premier discours devant le parlement, ont besoin l’une de l’autre. Elles sont toutes deux porteuses de solutions pour nos sociétés et pour notre planète. La Vallée l’a bien compris, et l’observateur avisé qu’est Michel KTITAREFF nous donne ici des clés de compréhension essentielles.
Et si à la lecture de cet ouvrage, la curiosité du lecteur français aura été piquée par la convergence des technologies de l’information et de la communication et des technologies vertes, il pourra, sans traverser l’océan, visiter nos pôles de compétitivités qui lui offriront de nombreuses preuves que l’innovation, chez nous également, est en marche.
Secrétaire d’Etat à la
Prospective et
Au Développement de l’économie numérique
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