Jeudi dernier, Nissan m'a invité, avec une vingtaine d'autres journalistes, à essayer leur prototype de voiture électrique. Cela saute aux yeux dès que l'on jette un oei sur le modèle ci-contre : il n'a rien de folichon. En réalité, cette carosserie (celle d'un modèle d'entrée de gamme) n'a en effet aucun intérêt. C'est la technologie électrique incorporée qui en a.
Nissan assure avoir mis au point, dans le cadre d'un partenariat avec NEC au Japon, une batterie plate qui offre une autonomie de 150 km à une voiture de ville. Branchée sur un système de recharge à 220 volts, il lui faudra 4 heures pour se recharger totalement.
Selon Mark Perry, le directeur de l'Advanced Technology Research de Nissan USA, qui présentait ce modèle, non seulement la technologie est prête pour une production en grande série mais la voiture que commercialisera le constructeur ne coûtera pas plus chère que ses concurrentes de la même catégorie dotées de moteur à essence. En termes de coût à l'usage, Nissan assure que sa voiture électrique sera plus rentable que sa concurrente à essence tant que le prix à la pompe (américaine) sera supérieur à 1,10 dollars le gallon. Soit la moitié de ce qu'il est aujourd'hui alors que les cours du pétrole sont déjà très bas...
Nissan compte lancer cette commercialisation en série dès la fin 2010 aux Etats-Unis et au Japon, soit dans 18 mois seulement. Certes, le constructeur ne veut pas encore montrer ce modèle, il le fera avant la fin de cette année. Mais a priori, celui-cil aura tout pour séduire l'automobiliste : le confort de conduite, la navigation assistée, les options électriques classiques et même le cruise control pour le marché américain...
L'objectif de vente reste un peu flou : Nissan espère que 10 % de ses ventes en volume seront des voitures électriques en 2015. Flou également en ce qui concerne les conséquences pour l'allié Renault de la mise au point de cette technologie : a priori, les recherches avancées se font en commun, mais les deux constructeurs ont une stratégie distincte en ce qui concerne la commercialisation du véhicule électrique.
Pour autant, l'important est peut-être ailleurs aujourd'hui. Nissan, comme les autres grands constructeurs automobiles de la planète, n'a pas le choix : il doit s'adapter aux exigences fixées à long terme par les gouvernants de réduire jusqu'à 90 % les émissions de gaz à effet de serre de leurs véhicules.
Pour parvenir à l'objectif, ils savent qu'ils ne leur suffit pas de construire de beaux modèles, fonctionnant à la satisfaction de l'automobiliste. Sans une infrastructure adaptée, qui permet de recharger partout et rapidement ses batteries, à faible coût, le marché ne basculera pas.
C'est pourquoi Nissan commence son offensive par la Californie. Là, plus qu'ailleurs, les mentalités et les acteurs sont prêts pour déployer une telle infrastructure, qui va coûter beaucoup d'argent. Mark Paery racontait même qu'une minuscule ville de Californie, située entre San Francisco et Los Angeles avait décidé d'investir elle-même dans des bornes pour pousser les premiers automobilistes à faire une halte chez elle...
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